Réflexions sur les accidents des avions militaires

, par  Charles Barail

APRES LE CRASH D’UN MIRAGE DE LA BA 115 LE 4 AOUT 2014 A VIENS (84)

En tant que contribuable, on ne peut que déplorer ce que l’on nomme le taux d’attrition des avions militaires dont les crashes sont relativement réguliers mais toutefois dans la fourchette des autres armées de l’air.

- En fait, en moyenne 1,5 Mirage s’est crashé chaque année depuis 30 ans… Sachant que le coût d’un Mirage est d’environ 30 millions d’euros, la perte se chiffre à 1350 millions d’euros !

En tant qu’êtres humains responsables on ne peut que se féliciter du faible taux de mortalité consécutive à ces crashes pour les pilotes. A comparer à une bien plus grosse mortalité sur les avions de chasse des générations précédentes. Le Mirage III a fait de très nombreuses veuves (une par mois certaines années...) et orphelins.
Par miracle les populations survolées n’ont pas (à notre connaissance) été touchées.

- On ne peut que déplorer le lobbying de Dassault pour vendre ses appareils ne prenant en compte que récemment les nouveaux moyens de défense que sont les drones. Le retard affiché par la France en ce domaine est affligeant !

- Entre les accidents de Mirage et les accidents de Rafale, on déplore au minimum une douzaine de crashes dans les cinq dernières années… (Le coût prévisionnel du programme Rafale par appareil et sur la durée totale du programme (40 ans) qui était de142,3 millions d’euros en 2010 selon la Cour des comptes est réévalué à 152 millions d’euros)

- Ces accidents ont pour cause une erreur de pilotage ou un problème technique.
Et que penser de ces deux avions Mirage dans des régions différentes (dont l’un en Vaucluse provenant de la BA115) qui en 2013/2014 ont réussi à couper des lignes à haute tension lors d’exercices probablement mal contrôlés..

Tout ceci nous amène au problème essentiel qui est celui du survol des populations avec des avions dont les risques sont de plus en plus importants en raison de leur vieillissement, de leur maintenance ou de l’inexpérience des pilotes.

A l’époque où notre association avait des rapports avec les commandants de base, l’un de ceux-ci en boutade nous avait dit que pour qu’il n’y ait plus d’accidents, il faudrait remplacer les Mirage par des planeurs…

Notre association n’en demande pas tant, mais il faudrait toutefois que les plaintes des riverains et des édiles soient prises en compte par l’armée de l’air.

Mais sans aucun dialogue depuis plusieurs années, la "grande muette" se confine dans son silence et son mépris envers les populations survolées qui ne peuvent que subir. Et quant à connaître avec précision les conclusions des enquêtes du Bureau Enquêtes Accidents Défense (BEAD).. mieux vaut ne pas y compter.

La peur s’installe maintenant chez une majorité de riverains qui ne peuvent que s’attendre au pire un jour ou l’autre…Sans oublier les conséquences directes ou indirectes sur le tourisme et sur la santé des populations. (nuisances sonores et pollution atmosphérique)

Voir en ligne : Crash d’un Mirage le 4 août 2014 en Vaucluse